Situé en 2060, où toutes les familles que l'on connaissait ont été détruites par un terrible fléau. Une nouvelle ère se lève encore une fois.
 

Lun 12 Juin 2017 - 16:37



♥De tout et de rien♥


Nom : Foxdadt

Prénom : Creiseau

Age : 26 ans

Flamme : Foudre

Famille : Corenzo

Grade : Gardien de la Foudre

Rang personnel : Grand blond avec une humeur noire.


> PRÉNOM/PSEUDO : PrideTheDaemon
> COMMENT AVEZ VOUS CONNU LE FORUM ? I'M BACK
> AVEZ VOUS LU LE RÈGLEMENT ? KAMINA EST EPIC AINSI QUE A NEW DESTINY!!!! o/

Mon avatar est Tokachi Toua de One Outs



♠Physique♠
L’individu arriva sur un brancard. Les portes s’ouvrirent violemment devant lui. Les internes, infirmiers, et autres médecins n’y jetèrent qu’un coup d’œil rapide avant de retourner aux soins des autres patients. Le brancardier insista. Il montra les anneaux, il montra les boîtes. Le gaillard devint bientôt patient prioritaire.

Creiseau perdait tellement de sang, malgré le garrot à son épaule, que des internes durent essuyer le sol jusqu’au bloc opératoire, après le passage au pas de course de son lit. La chirurgienne, prévenue au dernier moment, arriva sandwich en main.

-Patient, symptômes !, commanda-t-elle aussitôt d’une voix de stentor, en arrachant une dernière bouchée à son repas, avant de le fourrer dans la poche de sa blouse et mettre son masque.

-Creiseau Foxdadt, nationalité allemande, originaire de Hambourg. Il est des Corenzo, énuméra une secrétaire qui courait avec les médecins près du brancard.

-Importante blessure par arme blanche à l’épaule. La lame a traversé une grande partie de l’articulation, en déchirant les muscles, les cartilages et les tendons. L’artère axillaire est sectionnée, continua l’infirmier qui tenait la perfusion. On lui a retiré son armure, mais il y aura peut-être des morceaux de kevlar dans la plaie.

Ils pénétrèrent dans la pièce stérilisée, laissant derrière eux les internes qui nettoyaient et la secrétaire qui trépignait. Undine rentra avec eux. Apprentie chirurgienne, elle devait accompagner Roxanna dans toutes ses opérations ; c’était son premier jour. Elle se plaça derrière son mentor, comme convenu. Un infirmier découpa aux ciseaux le tee-shirt imbibé de sang, révélant une musculature puissante et soignée qui dessinait de fastueuses formes fermes sous son bronzage camionneur. Un autre accrocha les radios au mur éclairant, sur lesquelles ont pouvait voir un squelette à l’ossature plutôt lourde.

La chirurgienne incisa puis clampa la plaie. Undine remarqua de nombreuses cicatrices, partout sur le reste du torse du blessé. Elle identifia des coups de couteau sur le flanc gauche, de la chevrotine sur le pectoral, et une vilaine brûlure qui s’étendait de ses côtes gauches jusque sur son dos. Elle jeta un rapide coup d’oeil sous le brancard. Des morceaux de ce qui fut autrefois un gilet de protection lourd y étaient entassés pêle-mêle. De retour à sa place, elle remarqua qu’en plus d’être costaud, le gaillard était grand. Un mètre quatre-vingt-dix, jugea-t-elle.

Se penchant un peu plus, comme pour mieux regarder les gestes sûrs et précis de Roxanna, elle détailla la tête du mafieux. Ses cheveux, bien que tâchés de sang, resplendissaient d’un blond éclatant, presque semblable à celui de flammes vives. Coiffés en pointe, ils formaient de larges épis dressés, comme s’il arborait une crinière ou qu’il portait une couronne. Sous cette imposante ornementation capillaire s’étendait un front plutôt plat. Il n’était ni trop long, ni trop court.

Undine fixa de nouveau son attention sur l’opération en cours. Roxanna avait ligaturé les deux morceaux de l’artère pour enrayer l’hémorragie, et s'apprêtait à prélever une veine saphène pour pouvoir faire un pontage. Elle découpa donc le jean qu’il portait, taillant même au travers du cuir de la ceinture. La musculature, athlétique, était en accord avec le reste du corps. Les infirmiers relevèrent la jambe du patient, lui enlevèrent le caleçon qui lui servait de sous-vêtement. Gênée, l’apprentie focalisa son attention ailleurs. La chirurgienne opérait désormais sur l’intérieur de la cuisse pour prélever un peu de veine. Elle déplaça le sexe de son patient sur le côté et ouvrit, d’un coup de bistouri expert, l’épaisse cuisse recouverte de poils blonds.

Incapable de ne pas fixer son attention sur le point qu’il ne fallait pas regarder, Undine préféra se concentrer sur les bottes du mafieux. Il s’agissait de bottes de combat en cuir noir, qui faisaient visiblement l’objet d’un soin particulier de la part de leur propriétaire. Lacées de bleu Corenzo, elles étaient impeccables. De plus, elles étaient cloutées et semblaient coquées. Roxanna finit d’extraire le morceau de veine saphène. Sans vraiment s’occuper de sa stagiaire, elle se dirigea de nouveau vers l’épaule du patient.

Undine, plus intriguée par le patient que par la manière de le soigner, ne put empêcher son regard de dériver à nouveau, lentement, vers son visage. Endormi, il semblait plutôt paisible, ce qui contrastait avec le trou béant dans son épaule. Ses sourcils étaient inclinés naturellement. Cela lui donnait un aspect sévère qu’accentuait encore son nez acéré et effilé plus qu’il n’était aquilin. Sa bouches, aux lèvres si fines et pâles qu’elles étaient presque indiscernables, étaient un peu gercées. Peut être n’était-il pas encore habitué au climat plus doux du sud de l’allemagne, pensa-t-elle. Au vu de ses origines, il était plus que probable que le mafieux fût accoutumé à la météo plus rêche du nord. La jeune femme fut surprise de constater que le visage du blessé était d’une remarquable finesse, presque en opposition avec le reste de son corps. Ses traits étaient en effet minces, avec ses joues plutôt plates et son menton assez pointu. Cela le faisait paraître féroce, presque animal. Le large cou musclé sur lequel reposait son crâne intensifiait encore cette impression.

Roxanna, pendant ce temps-là, effectuait le pontage de l’artère. Elle avait découpé la veine dans sa longueur pour la retourner afin que la paroi interne soit à l’extérieur. Cela éviterait les transfert membranaires non-désirés. Puis elle l’avait recousu, avant de la découper en plusieurs morceaux. C’est ces morceaux qu’elle bataillait désormais pour raccrocher d’un côté et de l’autre l’artère dont ils joueraient le rôle en attendant que celle-ci se répare correctement. Une fois cette partie achevée, elle rattacha les deux morceaux de l’axillaire ensemble.

[...]

Undine rentra dans la chambre. Le mafieux lui faisait face. Il ajustait sa ceinture, car il avait perdu du poids, depuis son admission l’hôpital. Cependant, il n’avait pas arrêté de sourire depuis son réveil. Un beau sourire, quoiqu’un peu carnassier par moments, lorsqu’il regardait son téléphone. Il allait bien avec ses yeux fins aux prunelles sombres ; ses pupilles étant plutôt fines, elles donnaient parfois l’illusion d’être verticales, à la manière de celles d’un chat. Il avait l’air fatigué, avec de larges cernes qui soulignaient ses paupières. Il ne s’était pas ménagé pour la rééducation, il voulait sortir vite. Elle en pinçait pour lui. Roxanna l’avait avertie que l’on ne devait pas avoir de liens avec les patients, surtout pas quand ils allaient mourir ou étaient des mafieux, mais Undine était jeune. Plus vieille que son patient chéri, mais aussi plus innocente.

-Bien. On dirait que tout est bon, fit Creiseau en massant son épaule, de sa voix grave, profonde, presque rauque.

Elle voulait lui proposer de boire un verre, pour fêter son rétablissement. Elle avait été soulagée de savoir que l’autre fille qui était venue n’était pas sa petite amie. Son coeur faisait des triples sauts périlleux carpés dans sa poitrine. Le mafieux prit le sac contenant ses affaires. Il passa devant elle.

-A la prochaine!, fit-il en partant.

Il disparut.

♦Mental♦
Undine toqua, poliment, à la porte du bureau.

-Entrez !, lui intima une fois éraillée, derrière.

Elle s’exécuta, et referma la porte derrière elle. Le bureau était toujours aussi particulier. Accueillant, mais étrange. Ses décorations très modernes tiraient toujours un haussement de sourcils à la chirurgienne.

-Ah, Undine. Tu as besoin de parler ?, s’enquit Philippe.

Comme à son habitude, le vieux psychiatre sur son tabouret, devant la table d’architecte qui lui servait de bureau. A l’odeur, il devait profiter du peu de fréquentation, aujourd'hui, pour peindre un peu.

-J’aurais une demande un peu particulière, Philippe…

Le praticien se pencha sur le côté pour observer la jeune femme depuis son pupitre.

-J’ai peur de ce que je vais entendre, et je ne promets rien, mais vas-y. Dis moi tout, fit-il en posant, visiblement à contrecoeur, son attirail de peintre.

Undine prit une grande inspiration. Cela faisait plusieurs années que Creiseau était parti de l’hôpital, et qu’elle avait fait le deuil de son idylle pour lui. Elle était même en couple, désormais. Mais l’homme la fascinait. Elle voulait le comprendre.

-Voilà, j’aimerais savoir ce que tu penses, en tant que psychiatre, de Creiseau Foxdadt.

Philippe haussa un sourcil.

-Tu sais très bien que je suis tenu au secret médical, lui répondit-il fermement.

-Moi aussi ! Je ne dirai rien à personne après !, tenta-t-elle.

-Undine…

-S’il te plaît !

-Bon. Très bien.

Incrédule, la jeune femme écarquilla grand les yeux. Elle était venue voir le psychiatre en désespoir de cause, elle ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il acquiesce. Et pas aussi facilement.

-Si je ne te le dis pas, tu vas chercher à le savoir par toi-même. Et je préfère encore risquer la radiation et la mort, si l’on découvre que j’ai parlé de mes tête-à-tête avec l’un des gardiens de la Corenzo, que les tiennes.

Undine se rendait compte de ce qu’elle lui avait demandé. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris. Elle s’apprêtait, finalement à renoncer, mais Philippe lui intima :

- Tu es jeune, et je suis vieux ; la plupart de ma vie est derrière moi. Mais ce sera la seule et unique fois, alors écoute bien.

Les deux s’assirent sur les fauteuils disposés dans la pièce.

-Creiseau est un homme déterminé. Il a des ordres. Il a de cibles. Il a des balles. Et surtout, il a de la volonté à revendre. C’est un bourreau de travail, au sens presque littéral. Même s’il se trouve du bon côté de la mafia, il n’en reste pas moins un criminel, et il en est conscient. Il sait parfaitement que son combat contre l’illégalité se fait au prix de sa propre contradiction. Mais ça ne le dérange pas. Ou plutôt, il ne se pose pas vraiment la question. Les rares fois où j’ai insisté sur ce sujet précis, il a préféré ne pas répondre. C’est un soldat. Pas un stratège. On lui donne des objectifs, et il les remplit, vite et bien. Mais ce n’est pas un preneur de décisions de grande échelle. Par contre, ce qu’il fait, il le fait bien. Il est méthodique. Il est aussi bourru, et bourrin ; il aime d’ailleurs beaucoup les insultes et la vulgarité, il s’en sert de manière interjective plus que pour leur véritable sens. Sa gaieté insolente, présente même lors des combats, est ponctuée par des bordées de jurons créatifs, aux petits oignons, salées comme il le faut, selon un dosage qui lui est propre.

Philippe se leva pour faire du thé.

-Malgré son côté sauvage, féroce, et violent, c’est un optimiste. Derrière son sourire acide et ses remarques caustiques, il y a quelqu’un de bien. Je peux le sentir. Il est plus sensible que ce qu’il laisse paraître, mais il faut creuser un peu pour le voir. C’est peut-être ça qui fait la différence entre un mafieux ici, et un autre ailleurs ; la capacité, même discrète, de comprendre ce que les autres éprouvent, se mettre à leur place, et d’avoir de la pitié. La capacité, aussi, de se sentir déprimé. Il lui arrive d’avoir le moral dans les chaussettes, notamment lorsqu’il ne fait rien. Je pense, en fait, que s’il consacre autant de temps à son travail, c’est pour oublier quelle genre de vie il mène, et dans quel monde. Dans ces moments-là, il est plutôt nihiliste.

Undine écoutait attentivement, silencieuse. Philippe ramena les tasses de thé et sirota légèrement le sien.

-Mais le reste du temps, c’est un bon camarade, très loyal. Une grand gueule. Le genre qui ne délaisse jamais sa bonne humeur. Le genre qui est capable de sourire et de blaguer dans les pires moments. Le genre capable de mettre de côtés ses peurs, ses doutes et ses craintes pour mener à bien son objectif, ou aider ses camarades. Il est très solidaire, vis-à-vis de ses quelques amis, mais aussi de sa famille. Il ressent un fort sentiment d’appartenance aux Corenzo, parce qu’ils l’ont recueilli lorsqu’il était plus jeune ; au point qu’aujourd’hui, il est prêt à tuer ou être tué pour elle. Il a déjà fait couler le sang, d’ailleurs, si tu en doutais.

Le psychiatre croisa les jambes. Il fixa Undine, interdit. Après une courte pause, il reprit.

-Il est d’ailleurs assez triste de constater qu’au-delà de son travail, Creiseau n’a pas grand chose. Il n’est jamais dans son appartement, car il voyage beaucoup, et c’est d’ailleurs un trou à rat. Ses seuls amis sont quelques autres mafieux. Toujours pressé, toujours à la poursuite de quelqu’un ou quelque chose, il vit dans la précarité et l’urgence, sans jamais se poser ; ses journées sont toutes les mêmes. Réveil dans une chambre d'un hôtel pouilleux, lecture des ordres, conduite d'une voiture de location, exécution des ordres, un snack bien gras et au lit, le tout saupoudré de taba. Il ne mange que de la malbouffe. Je pense qu’il est toujours sous le coup de la disparition de son coup de foudre, il y a de ça quelques années, et qu’il essaie de surcompenser en travaillant toujours plus, pour ne plus y penser. Déjà à l’époque, d’ailleurs, il s’entraînait jour et nuit pour pouvoir s’en rapprocher.

La jeune chirurgienne était choquée. Philippe, froidement, enfonça le clou.

-C’était un homme. Un autre mafieux. Il est mort au combat, il y a deux ans. C’est lui qui l’a envoyé ici, d’ailleurs.

-Il est…

-Je pense qu’il n’est pas le genre à tomber amoureux d’un sexe, mais d’une personne, lâcha le psychiatre, sec. Je pense aussi qu’il l’a sincèrement aimé, et qu’il l’aime encore aujourd’hui ; mais il n’a jamais pu l'approcher, ou lui faire comprendre. Il essayait de rester dans son champ de vision, dans son sillage, mais sans succès. La différence de puissance creusait un fossé entre eux, que Creiseau était apparemment incapable de combler, malgré ses efforts. Aujourd’hui encore, il se pose beaucoup de questions métaphysiques ; il n’est pas en paix avec le souvenir de son amour défunt. Que suis-je ? Qui suis-je ? Pourquoi vis-je ? Et pour qui ? Elles le hantent. Le tourmentent, même ; jour et nuit. Et elles ne disparaissent que lorsque l'adrénaline les souffle au loin. Dans l'attente, il vit donc au jour, le jour, sans penser au lendemain, sans penser au futur, sans penser à rien.

Undine était perdue. Elle ne savait pas quoi penser.

-Outre cela, je pourrais pêle-mêle te dire qu’il est passionné d’armes à feu, un peu bricoleur à ses heures perdues, dessinateur du dimanche, qu’il aime écouter du jazz, qu’il ne porte que des jeans et des tee-shirts, qu’il réfléchit à prendre un rat de compagnie en plus de son dindon, qu’il apprécie bien nager et beaucoup moins faire de la musculation, que pour un mafieux il a un certain sens de l’honneur, qu’il est végétarien et qu’il déteste la radio mais aime bien la télévision, mais je ne suis pas sûr que cela t’intéresse, conclut-t-il, en essuyant ses lunettes.

Sans un mot, la femme se leva, marmonna un merci, et s’en alla sans en demander plus.

♣Histoire♣
Creiseau plongea en avant. Il sentit le sifflement du métal qui découpait l'air, juste derrière lui. Cette fois, il avait pêché un gros poisson. Le temps s'annonçait orageux, pour lui.



La gifle résonna dans toute la pièce. Creiseau, désorienté, tomba. Il cligna des yeux plusieurs fois. Un voile trouble recouvrait sa vision. Il pouvait percevoir une forme floue se rapprocher.
Son père l'empoigna par le col et le plaqua violemment contre le mur. Le garçon détourna son regard. Pour ne pas sentir les relents d'alcool, mais aussi pour ne pas affronter ce regard furieux qu'il connaissait.
Il vit que ses sœurs épiaient la scène derrière la porte de leur chambre commune ; leurs pieds formaient des ombres dans l'interstice avec le sol.
Son père lui empoigna le menton de sa main rêche, et le força à le regarder dans les yeux.

-Qu'est-ce que t'as encore foutu ?, lui hurla son paternel.

Sa gueule puait encore plus l'alcool qu'à l'accoutumée.

-Je t'ai dit que j'avais rien fait !, essaya de répondre Creiseau sur le même ton, mais dont la voix flanchait.

-Arrête de me mentir, les flics sont venus tout à l'heure, ils te cherchaient !

-Je sais pas, peut-être qu'ils avaient envie de me voir !

Son père, le regard mauvais, le fracassa contre le mur.

-Petit con !

L'ouvrier lâcha Creiseau, qui manqua de s'effondrer au sol. Il sentait le goût du sang dans sa bouche.

-Tu finiras camé jusqu'à l'os au fond d'un caniveau, si tu continues comme ça !

-Je touche pas à ces merdes, moi !, répliqua l'adolescent, qui reprenait du poil de la bête.

-T'insinues quoi, là ? Hein ?

-C'est pas moi qui pue l'alcool toute la journée, ou qui titube, tard le soir, pour m'effondrer dans le canapé !

Si Creiseau était déjà bien charpenté à quatorze ans, il était encore loin de faire le poids face à son père. Cependant, celui-ci sembla rapetisser. Son fils, lui, se sentait pousser des ailes. Et des crocs.

-C'est pas moi qui suis trop occupé à comater dans un bar pour m'occuper de mes enfants, c'est pas moi qui dépense l'argent des courses dans du schnaps pour oublier ma vie misérable !, hurla le blond de toutes les forces de ses jeunes poumons.

A ces mots, l'homme en tablier fondit en larmes.
Réalisant qu'il avait été dur envers son paternel, qui faisait de son mieux pour faire vivre la petite famille malgré sa paie encore plus petite, Creiseau, qui allait enfoncer un peu plus le clou, se ravisa, réfléchit à quelque chose de plus gentil à lui dire. Il restait son père.

-Pardonne-moi mon fils, d'être aussi misérable...

Cet appel au pardon raviva la flamme de la colère chez l'adolescent. Courroucé, il ouvrit la porte de la chambre, prit ses sœurs par la main, et les emmena dehors en claquant la porte.



Pour ne rien arranger, il n'était pas dans un quartier qui lui était particulièrement familier. Foutue ville ! Creiseau jeta un coup d'œil derrière lui, et se jeta sur le côté. Le métal se planta dans la pierre pavée du trottoir comme si cela avait été sa chair. Il profita du court temps mort que lui offraient les règles de la physique pour s’écarter, enflammer sa bague, et ouvrir ses boîtes. Il doutait que le pare-balle lui soit d'une quelconque utilité, bien que renforcé avec une plaque de titane. Mais désormais, il pouvait riposter.

Son ennemi dégagea sa faux et marqua un arrêt pour détailler l'équipement de Creiseau. Celui-ci en fit de même.
Devant lui, un blond au regard sévère. Costume trois-pièces, chaussures de ville, clope au bec et faux en main. Le quotidien d’un mafieux du vingt-et-unième siècle, en somme. Lui avait écrasé sa cigarette il y a cinq minutes déjà, avant de courir le sprint de sa vie.



La fine porte claqua devant lui. Creiseau accéléra sa course et la défonça. Il tomba, se ramassa en boule, et bondit sur ses pieds. Juste à temps pour voir venir un tuyau de plomberie. Rapidement, presque par réflexe, l'adolescent plaça ses bras devant sa tête, se pencha sur sa gauche et lança son pied sur la droite.
Il toucha sa cible au pelvis, juste à côté de ce qui devait sans doute être la partie la plus importante de son anatomie. Le tuyau l'atteignit lui aussi, mais dérapa sur ses coudières. Le blond revint sur deux appuis indemnes. Sa cible était à terre. Il en profita pour essuyer la sueur qui perlait sur son front, en l'écrasant contre sa cagoule. Il administra ensuite un violent coup de rangers au commerçant qui essayait de se relever.

-Ça, c'est pour m'avoir fait courir, enculé ; et ça, fils de fion, fit-il en se saisissant du bras de sa victime, c'est pour avoir refusé notre protection.

-Non ! Non ! Non ! je...

Le reste de la phrase s'évanouit dans le bruit sec d'un craquement d'os du hurlement qui s'ensuivit.
Creiseau tourna les talons et massant son épaule endolorie ; il descendit les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée, et retourna dans le magasin. En le voyant, les quelques clients qui étaient restés après le hurlement prirent immédiatement leurs jambes à leur cou.
Le cagoulé, presque naïvement, fit ses courses en se servant sur les étagères et dans la caisse. Il s'assit sur le siège de l'épicier qui avait arrêté de sangloter en haut, sans doute pour s'évanouir, et compta ses recettes gaiement. C'était une bonne journée.
Lorsqu'il se leva, son genou heurta un objet, sous le comptoir ; intrigué, le malfrat y jeta un œil, pour découvrir un fusil.

La vue de cette arme qui se révéla chargée, provoqua un haussement de sourcil de la part du blondin. Pourquoi ce con de marchands de tapis ne s'en était-il pas servi ? Peu importait. L'objet se retrouva bientôt dans le panier, à côté des pâtes et des cornichons. Tous ceux qui avaient dit que le crime ne payait pas n'avaient jamais connu l'illégalité, pensa-t-il.
Il renonça à sortir par l'entrée principale et emprunta celle de secours. Dans la cour de l'immeuble, il se cacha rapidement dans un renfoncement, où il enleva le pull trop large qui cachait ses coudières. Il ôta son attirail et sa cagoule, qu'il fourra dans son sac à dos ; il y plaça aussi les victuailles dérobées.

Puis Creiseau regarda l'arme en détail.
C'était un fusil de chasse à deux canons, placés horizontalement, comme on en voyait souvent dans les films. Il n'était pas particulièrement beau. Pas de ciselures, pas de gravures. Le métal comme le bois étaient abimés. Cela importait peu. Il se vendrait bien.
D'une main sûre, l'adolescent plia le fusil pour le faire rentrer dans son sac. Il jeta les deux cartouches dans la poche avant, pour éviter qu'elles ne lui explosent trop près du dos, au cas où. Il mit ses écouteurs, activa le mode "ne pas déranger" de son téléphone, alluma une cigarette et traça sa route jusque chez lui.

Arrivé près de son immeuble, il remarqua que quelque chose n'allait pas. Il promena ses prunelles noires acérées devant lui. Les rues étaient trop désertes. Quelques passants marchaient, tête baissée, mais les habitués du quartier, les gosses, les vieux, n'étaient pas là.
Il vit ensuite les voitures. Dans cette zone de la ville, les voitures pouvaient être deux choses : pourries ou volées. Et le blondin savait reconnaître les unes aussi bien que les autres. Celles-ci, bien qu'ayant l'air normales, n'étaient pas d'ici.

Creiseau, soudainement inquiet, enleva ses écouteurs, qu'il fourra dans sa poche ; dans le même temps, il tourna dans une rue perpendiculaire, où il força un peu sur une vieille porte pour l'ouvrir. L'adolescent sortit son portable. Trois appels manqués. De plus en plus inquiet, il posa le téléphone sur une marche et écouta les messages laissés par ses amis.

-Mec, t'es où ? C'est le bordel ici, des voitures sont arrivées et des gars en sont descendus, et ils fouillent tous les immeubles ! Greg' et sa bande ont tenté de s'opposer, il se sont fait défoncer ! Les mecs ont genre des flammes de je sais pas... Merde ! Ils arrivent !

-Crei', ne retourne surtout pas au bercail. Des mecs genre forces spéciales ont débarqué, ils ont bloqué tout ce qui se trouvait à trois pâtés de chez toi. Les flics sont avec eux.

Paul l'avait appelé, mais n'avait pas laissé de message. Il regarda l'horodatage en chargeant le fusil. Ses amis avaient appelé il y a une demi-heure. Tout juste quand il partait de l'épicerie.

-Putain de bordel de merde, jura le blond.

Il vérifia si l'USP qu'il gardait planqué dans son caleçon était chargé. Puis il sortit son équipement de son sac et le renfila, avant de cacher le fusil, comme il le pouvait, sous son pull. Il échafauda ensuite un plan.
Les voitures étaient garées devant son immeuble. Il passerait par derrière, par l'appartement abandonné du vieux Wil', dans l'immeuble d'à côté. Puis il passerait, grâce à son double des clefs, par la porte de service qui fait la jonction entre les deux bâtiments. Et après, il leur niquerait leurs mères. Simplement.

Creiseau rouvrit la porte devant lui.
Creiseau émergea quand on le jeta au sol. Hébété, il secoua la tête. Ses pieds et poings étaient liés. Sa bouche, bâillonnée. Il n'avait même pas eu le temps de sortir de la cave. Il avait vu la lumière, et puis plus rien. Et désormais, il se trouvait dans son repère. Dans l'appartement délabré mais fonctionnel qu'il utilisait comme quartier général avec ses amis, les Pirates de Hambourg. Ceux-ci étaient d'ailleurs saucissonnés à côté de lui, et le regardaient, aussi perdus que lui. Autour d'eux s'activaient une demi-dizaine d'hommes armés, qui éventraient les matelas, déchiraient des oreillers, donnaient des coups dans les murs, arrachaient les tapis tête-de-mort du sol.

La porte de la pièce d'à côté s'ouvrit et un homme en sortit. Il traînait, derrière lui, l'un des camarades de Creiseau, qu'il jeta sans plus de ménagement à côté des autres. Puis il vint se tenir devant eux, comme s’il voulait leur parler. Le blond sentit ses poils se hérisser et ses intestins se nouer. Ce gars-là, Creiseau ne le sentait pas.
Ils étaient dans la merde.



Creiseau regarda son inconnu, haletant, sans se départir de son sourire. Il renonça à écraser une goutte de sueur qui coulait sur sa tempe. Il payait cher le prix de la cigarette. Foutue clope. Et foutue nicotine. Et foutue faux ! Il cracha par terre.
Son adversaire tourna autour de lui, cherchant une ouverture, tandis qu'il reprenait péniblement son souffle. Le fusil de l'allemand était abaissé. Il restait la moitié des balles dedans. Son adversaire serait sur lui le temps qu'il épaule.

Les deux hommes en eurent assez d'attendre l'autre au même moment, et bougèrent ensemble.
Creiseau leva son canon vers son adversaire et tira une salve de balles, tandis que l'étranger lui fondit dessus, laissant une traînée de flammes de la pluie derrière lui.
Aucune des balles ne fit mouche. L'arme s’enraya avec un craquement sec.

-Fils de pute !, lâcha Creiseau à l'intention de son fusil, avec un rictus.

Son ennemi bondit et arma son coup à deux mains, brandissant la lame au-dessus de sa tête.
L'allemand jeta le bout de métal inutilisable à terre et empoigna son bouclier à deux mains. Il renforça ses appuis au sol et banda tous ses muscles dans l’attente du choc.
L'inconnu hurla. Il hurla avec lui.

Les flammes de pluie arrachèrent celles de la foudre, et la physique classique reprit ses droits. La faux heurta violemment le bouclier de polycarbonate avec un bruit mat. Les bras, puis le corps de Creiseau tout entier jusqu’au dents, vibrèrent. La surface transparente se déforma pour mieux absorber l’impact. Une felure apparut au niveau des yeux de son porteur, qui put observer son adversaire dans les yeux, le temps d’un instant.

Puis la pointe de la faux dérapa, dans un crissement abominable, le long de la courbure du bouclier. L’allemand sortit de la torpeur dans laquelle il était plongé ; son instinct reprit le dessus. Il avança d’un pas en avant et donna un grand coup de bouclier devant lui. L’inconnu encaissa le choc de plein fouet et tomba à la renverse.

Avant de toucher le sol, il se ressaisit cependant, et s’éloigna un peu du chevalier noir moderne, avant de se remettre en garde. Ils s’observèrent, tout sourires. Une fissure ornait désormais le bouclier, juste au-dessus de la bande qui épellait Corenzo. Creiseau réflechissait à toute vitesse. Il jetait quelques coups d’oeil à droite et à gauche. Ils étaient toujours sur la même putain de place du même foutu quartier dans la même ville merdique. Il savait comment ça se passait. Pas d’intervention avant la fin des combats. Il savait aussi qu’il n’y avait aucun autre traqueur, ici. Il ne bénéficierait d’aucune aide, d’aucun soutien. Son adversaire était très coriace. Même s’il avait pu repousser un assaut, il se rendait désormais compte que ce genre de miracle n’était qu’un coup d’une fois. Il sourit. Il doutait de pouvoir réitérer l’exploit.

-Hé ! C’est quoi, ton nom ?, l’interpella l’inconnu.

Sa voix était rauque.

-Creiseau Foxdadt, répondit l’intéressé, surpris.

Pourquoi lui demandait-il son nom ?

-Et toi ?, demanda l’allemand, mutin, après un court temps d’hésitation.

-Kamome. Kamome Tsukushi.




-Ils sont dans la merde, souffla Elza.
-On va leur mettre une branlée monumentale, renchérit Creiseau, un sourire féroce aux lèvres.

Sa camarade se retourna vers lui en faisant la moue, et le jeune homme l'imita comiquement.

-Sois un peu sérieux !, lui intima-t-elle.

-Non merci, je me porte très bien comme ça !

-Vous avez fini ? On peut y aller?, leur fit William, impatient, depuis la banquette arrière.

-Ouais, ouais, on va y aller, on sait que t'es impatient de toucher ta retraite.

A ces mots, ils ouvrirent les portes de la voiture. La fraîcheur de la nuit les cueillit à la sortie, comme ils s'apprêtaient à cueillir ces malfrats. Creiseau et ses collègues ne claquèrent pas les portes du véhicule. Elza s'agenouilla derrière l'une d'entre elles, laissant les deux hommes s'approcher de la scène singulière qui se déroulait depuis maintenant une demi-heure sous leurs yeux.

Dans la pénombre qui les entourait, Creiseau et William firent flamber leurs bagues, éclaboussant leurs visages d'un mélange de vert et de violet rougeâtre. Tout en continuant de marcher vers leurs cibles, ils frappèrent à l'unisson les boîtes qui pendaient à leur ceinture de leur sceau brûlant. Ils entendirent Elza en faire de même, derrière eux.
Le bruit et la lumière révélèrent leur présence aux trafiquants qui s'acharnaient à débarquer des colis de drogue, en douce, sur le port de Hambourg. Les tirs fusèrent rapidement.

Mais la mécanique était bien rodée ; Creiseau se mit en première ligne, brandissant son bouclier. Les impacts frappèrent sur le polymère renforcé par la flamme de foudre, mais la musculature puissante du mafieux absorbait les chocs.
Une détonation plus forte se fit entendre. Un trait de lumière rouge passa sur la droite du blond, décapitant l'une des silhouettes qui se détachaient de la nuit. Derrière lui, William fit tourner les canons de sa machine infernale ; bientôt, l'engin se mit à vomir des traits de lumière violacée sur le groupe, devant eux.
Du coin de l'œil, Creiseau perçut un mouvement ; il tira plusieurs fois, d'une main, dans la direction. Il vit un reflet métallique s'effondrer.

En quelques minutes, ce fut terminé. Les flammes ne laissaient aucune chance aux petits regroupements de bandits, le jeune homme en savait quelque chose.
Ils rôdèrent quelques minutes dans le coin, pour s'assurer que tout était fini. Elza, qui avait entre-temps appelé la police, les rejoint revolver en main et fusil à l'épaule. La plupart étaient au sol, blessés. Ou morts, pour certains. Les autres s'étaient rendus.

-Encore une mission menée à bien, fit la dame du groupe, en plantant ses rangers dans la main d'un malheureux qui cherchait son arme de la main qui lui restait.

-La dernière, soupira William en allumant la cigarette de Creiseau, avec son briquet-tempête.

-C'est cool, on aura plus à faire avec ton arthrite, au moins, railla ce dernier.

Elza lui jeta un regard outré, mais le vieux eut un sourire amusé.

-Tu verras, quand t'auras mon âge. C'est dur, de courir partout à soixante ans.

-J'attends de voir, mais faudrait déjà que j'atteigne cet âge vénérable avant !

Une telle longévité était rare, dans le milieu dangereux des traqueurs de la famille Corenzo. Même si, en général, les criminels qu'ils interceptaient étaient sous-armés, sous-entraînés, en sous-effectifs, il ne suffisait que d'une erreur, dans les quartiers pauvres labyrinthiques, pour finir sous-terre. Et puis, parfois, les traqueurs devenaient traqués. Cela arrivait surtout aux abords des frontières avec les Taishaka et les Aurore. William avait fait toutes les missions, tous les fronts. Il avait aussi tout appris à Elza et Creiseau. Et demain, il goûterait à sa retraite, comme on disait dans le milieu ; il passerait désormais ses journées à un travail de bureau.

Les policiers arrivèrent. Ils illuminèrent la scène de guerre avec des projecteurs. Ils furent aussi rapides que les mafieux à faire leur travail ; ils avaient l'habitude. Premiers soins, menottages, constatations, relevés d'identité, mises sous scellés.
A la faveur de la lumière, Creiseau put détailler leurs adversaires. La plupart des têtes lui étaient connues ; leur travail de recherche avait fait ses preuves. Il trouva enfin celui qu'il cherchait. Étendu dans une flaque de sang, arme chromée en main, gisait Paul.

-Eh bien, qui l'eût cru ?, demanda le jeune homme, avec un sourire cynique, au cadavre de son ami.

La balle d'USP, calibre quarante-cinq, lui avait perforé l'œil et explosé le crâne. Creiseau se dit qu'au moins, l'agonie avait été courte. Il se ravisa en voyant le piteux état des dents et de la peau du cadavre, signe d'une longue addiction à la méthamphétamine.

-T'as toujours été le crack de l'équipe, lança le blond au cadavre, non sans une grimace aigre.

Des quelques Pirates qui avaient rempilé dans le crime organisé, après la descente des Corenzo dans leur repère, il était désormais le dernier en vie. Cinq avaient choisi d'arrêter les frais. Quatre avaient décidé de continuer. Deux ont accepté l'invitation de la grande famille de mafieux justiciers et les ont rejoints. Au fil des années, tous ceux qui tenaient encore une arme avaient fini par la passer à gauche. Sauf lui. Qui était gaucher de naissance.

-Bon, on va se boire une bière ?, fit Elza, le tirant dans ses pensées.

Les deux autres se regardèrent et haussèrent les épaules en guise d'acquiescement. Creiseau jeta sa cigarette sur le cadavre de celui qui fut son ami en tournant les talons, lui offrant un simulacre de funérailles viking.
Ils se dirigèrent ensuite vers leur refuge ; le Hambourgeois Volant. Ils y avaient leurs habitudes et leurs quartiers.

Ils rentrèrent par la porte grande ouverte. Les discussions se turent l'espace d'un instant, durant lequel tous les regards se tournèrent vers les trois Corenzo. Puis des salutations fusèrent ; çà et là, des groupes de gens levaient leurs chopes à leurs justiciers, ou leurs camarades. Cette taverne était un lieu particulièrement lié à la famille depuis que Creiseau et Elza avaient racheté l’endroit,, et tout le monde savait ce qui s'y passait.
Le blond, la rouquine et le poivre-sel s'accoudèrent au comptoir. D'un même geste, ils toquèrent sur le vieux bois. Le père de Creiseau se retourna avec un sourire.

-Ah ! Salut, moussaillons ! Comment ça s'est passé ce soir ? leur demanda-t-il en rebouchant une bouteille d'un mélange à la couleur criarde.

-Comme sur des roulettes, fit Elza.

-A l'exception près que ton fils est toujours aussi pénible, corrigea William.

Les deux Foxdadt échangèrent un regard amusé, puis ricanèrent doucement.



Creiseau rompit l’atmosphère étrange qui planait depuis qu’ils avaient échangé leurs noms. Il tira son fidèle USP de sa ceinture. Mais, les bras encore gourds à cause du choc, il ne fut pas aussi rapide qu’il le souhaitait. Le temps qu’il arme le pistolet, le faucheur était sur lui. L’allemand brandit son bouclier pour se protéger. Le choc fut violent, bien que moindre par-rapport à leur échange précédent. Mais ce n’était qu’un début.
Harnaché dans son armure de kevlar et de titane, Creiseau para difficilement le revers qui suivit. Le bouclier vibra, son bras trembla. Mais l’allemand tint bon.

Il continua de tenir bon pendant quelques coups supplémentaires. Puis il commença à faiblir. Sa protection était lourde, et son gilet n’arrangeait rien. Plus qu’un simple essoufflement, il souffrait désormais d’une véritable fatigue musculaire. Il fit une erreur. La faux passa juste sur le bord du bouclier et traversa son bras de part en part. Kamome tira de toutes ses forces. Creiseau, qui essayait de se dégager en hurlant, bascula en avant. Il leva le canon de l’USP et ouvrit le feu devant lui, au jugé.




Creiseau ricana doucement. Quelle mission de merde.

-Grosse chiennasse, murmura-t-il à l’intention du nouveau gardien de la foudre.

Bien qu’à des centaines de kilomètres de cet abruti, il le haïssait toujours autant. Cet abruti l’avait séparé d’Elza, et envoyé au find fond de la putain de banlieue de Dresde, pour une mission d’observation. Il voulait se venger d’avoir été en concurrence avec le blond pour le poste, pour lequel il lui avait été préféré pour sa plus grande docilité. Mais l’allemand savait qui gagnerait en combat singulier.

Ravalant sa rage, le blond reprit son rôle de patrouilleur silencieux. Il déambulait dans les rues de la périphérie sud de la ville. C’était, désormais, son domaine. Il devait surveiller les lieux. Et c’est tout. Ce simple constat fit naître une grimace féroce sur son visage, et une profonde envie de frapper quelque chose. Il se retint, difficilement.

Alors qu’il continuait de ruminer son ressentiment, il se produisit quelque chose qui n’était pas arrivé depuis longtemps. Il sentit ses poils se hérisser et sa colonne vertébrale se tendre. Un frisson lui parcourut le dos, des hanches à la nuque. Il se délecta un moment de cette sensation si rare. Il chercha, de son regard acéré, ce qu’il avait pu voir ou sentir, sans y faire attention, et qui avait réveillé son instinct animal. Son sens du danger.

Dans la rue, il y avait des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes. Dans la rue, il y avait des locaux et des touristes, des piétons et des conducteurs. Mais dans la rue, il n’y en avait qu’un seul comme celui-là. Comme ce type, qui marchait, les mains dans les poches, la cigarette au bec. Cette démarche, Creiseau la connaissait. C’était la démarche de celui qui voulait casser des bouches. L’homme, blond lui aussi, venait de le dépasser.

Son instinct n’était pas infaillible. Parfois il se trompait. Mais pas cette fois. Plissant les yeux, l’allemand discerna un anneau à son doigt. Il fit demi-tour et lui emboîta le pas, un sourire plaqué sur son visage. Il se mit à bonne distance. Il ne cherchait pas encore à le combattre.
Il ôta sa paire d’écouteurs, qu’il fourra dans la poche de son jean.

Il allait passer une bonne journée, finalement.



Les balles ricochèrent sur la faux, ou se perdirent dans le vide. Creiseau, lui, tomba à la renverse, attaché à son bouclier. Il se jura de ne plus jamais attacher ces foutues lanières, si jamais il aurait un jour l’occasion de le faire. La chute fut amortie par son armure, mais la douleur était bien présente. L’allemand essaya de se dégager de sa protection devenue piège mortel, tout en se contorsionnant comme il le pouvait pour tirer ce qui lui restait de balles. Le sourire qui ne le quittait que pour mieux revenir, celui qui ne disparaissait que pendant son sommeil, s’effaça devant la réalité ; il avait perdu, c’était terminé. Son pistolet fut fauché d’un coup sec. Il tira sa dernière balle lorsqu’il explosa en pièces au sol, quelques mètres plus loin.

Le fil de la faux, dégoulinant de flamme de pluie et de sang, le cueillit doucement, presque gentiment, par la gorge. De sa main libre, Creiseau défit la dernière attache. Puis il suivit le mouvement de la lame acérée, et se leva, en tenant son épaule en sang. Il essayait péniblement de réfléchir. La faux était trop grande, il était trop lourd, et il était blessé. Aucun gadget ne pouvait le tirer d’affaire.

Devant lui, Kamome Tsukushi semblait savourer sa victoire, avec son air sadique. L’allemand observa celui qui l’avait défait. Traits fins, nez aquilin. Des cheveux blonds formant de nombreuses mèches minces. Les yeux noisettes et le sourire, féroces. Quelque chose se serra dans la poitrine du Corenzo.

-Pas mal, le félicita néanmoins son ennemi.

Surpris, Creiseau lui répondit en allemand. Devant l’incompréhension manifeste de Kamome, il reformula dans un japonais tinté de sa langue natale.

-S’il y a quelqu’un à féliciter, c’est celui qui a gagné, répondit-il avec un sourire cynique.

-Peu peuvent se vanter de me faire courir. Encore sont ceux qui peuvent me toucher. Sans être le meilleur combat de ma vie, c’était divertissant.

Creiseau ne pipa mot, absorbé par les yeux et le sourire de son interlocuteur.

-Je pense que ce serait du gâchis d’en finir maintenant.



L’homme quitta les allées, pour s’engager sur une place. Il y avait beaucoup moins de monde ici. Beaucoup moins de couvertures. Et malgré son envie de combat, il devait rester discret. La mission primait sur l’individu. Creiseau hésita un peu avant de le suivre. Les deux hommes marchèrent l’un devant l’autre, comme s’ils allaient traverser l’endroit.
Soudainement, l’inconnu s’arrêta. Il alluma une cigarette. L’allemand avait déjà la sienne aux lèvres.

L’individu se retourna ensuite. Lentement. De profil, il jeta un regard sadique à Creiseau, qui sourit de plus belle. Et puis l’individu fit naître une flamme de pluie beaucoup plus grande que ce à quoi s’attendait l’allemand, et dégaina une faux.



-Quoi ? Tu vas me laisser en vie ? Comme ça ?

-Honnêtement, j’ai aussi un peu la flemme de te buter. Rendez-vous quand tu seras plus fort.

A ces mots, Kamome rangea simplement sa faux, et tourna les talons. Creiseau, qui jusque-là tenait debout grâce à l’adrénaline, s’effondra sur ses genoux, en tenant son épaule. Il regarda l’autre partir tranquillement, en laissant une traînée de pluie derrière lui. Lorsque les flammes bleues eurent fini de s’évanouir, le mafieux, seul au milieu de la place et de son sang, rassembla ses esprits. Il sortit difficilement son téléphone, et appela les secours, avant de succomber au néant.




Le conflit avec les Taishaka s’intensifia.
Dans ses instants les plus intenses, de nombreux valeureux et moins valeureux furent fauchés par les combats.
Le gardien de la foudre des Corenzo en faisait partie.
Kamome Tsukushi aussi.
Aujourd’hui, celui qu’il n’a jamais pu affronter réclame vengeance.

♆Boite et Combat♆

° ARME : fusil d’assaut HK 417. Cette arme a su trouver son chemin jusque dans les mains du mafieux grâce à sa fiabilité et son calibre dévastateur. Il s’est vu adjoindre une lampe par son propriétaire.

° BOÎTE-ARME : bouclier antiémeute ballistique affilié aux flammes de la foudre. Il a été un peu amélioré par les soins de son propriétaire, qui lui a ajouté des supports pour pouvoir y caler une arme à feu.

° BOÎTE-ANIMALE : dindon affilié aux flammes de la foudre. Paul est l'animal de compagnie de son maître, qui s'en sert généralement comme d'un appât, ou d'un bouclier.

° BOÎTE(S) DE STOCKAGE : une boîte de stockage contenant un gilet pare-balles dans les poches duquel on peut trouver des munitions de fusil à pompe. Des supports sont disponibles pour accueillir fusil et bouclier, mais aussi des boîtes. Creiseau a aussi une boîte contenant des graines pour son dindon.



Codage by Lamire
Corenzo
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Mer 14 Juin 2017 - 15:10
Salutation et bienvenue à toi dans notre vision de cette univers dans le future. En espérant que tu y prospère et t'y plaise parmi nous.
Ta fiche te mérite un fort jolie Rang A.
Voyons voir ce que le Staff à penser de ta fiche sans trop s'attarder donc :

Longueur du Mental : 2/4
Et de l'Histoire: 4/4
Logique : 4/6
Original: 5/6

+0.5 pour l’orthographe.

Mental :
~"C'est cet événement, aussi tragique que récent [...] " Fait quand même plus de 2-3 ans que Kamo est mort, c'pas si récent.
~ Je me demande juste comment Il apprenait des nouvelles de Kamo', si ce dernier était Maschera... LA Famille fantôme de la mort. Avec les affiches de mise a mort après le démentiellement de la famille peut-être? N’étant pas vraiment développé ça peu faire poser des questions.

Histoire :
/Je me demande également si votre confrontation a eu lieu pendant ou après les Maschera.
/ Han, c'est beau que l'alcoolique est mieux/ Guérie, et que la relation est meilleur entre père et Fils!
~ Si j'ai bien comprit, t'étais pas Gardien. Ok, mais là, rien nous dis que t'as été choisie a un moment ou un autre, et c’est un peu dommage.
-0.5 pour les petites incohérences et manque d’info semi importante.

Originalité :
+ Étonnamment, on a presque jamais vu de personnage "imposant et musclé"... donc autant donner dans l'originalité pour.
+ Également, bah j'ai jamais vu d'Homosexuel non plus, homme ou femme, sur le forum (ou il se prononçait pas) du coup bah, encore un peu de point~
+ Un alcoolique qui pleur après des reproche au lieu de taper, ça change tien.
+ Les deux "histoire" simultané, quoi qu'étrange, sont pas sure a suivre, surtout grâce au 'placement' des paragraphes. Ça innove sans mélanger.

Logique :
~J'sais que Kamo' est mort contre les vilains parce qu’il a été assez con de faire ce que Gokushi a fait après... mais pas contre le parrain qu'il a mourut.
~ "briquet-tempête" Ho putain toi tu vie dangereusement... Déjà que ça crame que l'organique, ta clope aura pas grand choses. Mais si ça te touche...
###
Tu as le choix d'accepter ce rang, ou bien de tenter d'amélioré ta fiche avec les points ci-dessus et plus pour avoir une meilleur note, avec un petit malus de -0.5
Merci de contacté un membre du Staff par MP pour ta réponse.
# Za Fonda #
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Jeu 15 Juin 2017 - 17:05
Voilà, j'ai retapé ce qui n'allait pas (je crois) ; j'ai réécrit l'entièreté des descriptions physique et mentale, j'ai ajouté quelques éléments de datation dans le récit, corrigé certains défauts de logique & cohérence, modifié l'épilogue pour préciser que j'étais devenu un gardien... Bref, je vous fais relire ma fiche une deuxième fois, bon courage!!

Corenzo
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Ven 16 Juin 2017 - 17:14
Avec rattrapage, ton rang, déjà 'maximum' en sorti de fiche reste le même, mais un peu plus brillant, et ton analyse de fiche monte donc ainsi :

+1 pour le Physique
+Jolie, d'intégré ton combat contre Kamo' en "raison" de nous faire ton physique.
/Je laisse ceux qui s'y connaise en chirurgie vérigfié de l'autensité...

Le mental monte a 3.5 (+1.5)
+Pas mal la jonction du mental après le Physique.


La logique à 5 (+1)
et -0.5 pour avoir retoucher la fiche
###
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Ven 16 Juin 2017 - 17:17
Merci, je poste ma fiche technique dans quelques minutes !
Corenzo
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